
Palais de Nestor – Ano Eglianos
Le site d’Ano Eglianos se trouve à 17 km de la charmante ville de Pylos. On y visite le palais de Nestor, le plus important vestige de cité mycénienne avec Mycènes et Tyrinthe. Le corps principal du palais a été construit au 13e siècle av. J.C. par ce roi vénérable, fils de Nélée et petit-fils du dieu Poséidon. D’après Homère, il était respecté par tous les chefs grecs de la guerre de Troie pour sa sagesse et sa perspicacité.
On retrouve le roi Nestor dans la rhapsodie III de l’Odyssée : Télémaque, fils d’Ulysse, parti à la recherche de nouvelles de son père, arrive à Pylos. Là, sur la fameuse baie de Voïdokilia selon plusieurs théories, Nestor et « les Pyliens, sur le rivage de la mer, faisaient des sacrifices à Poséidon ». Le vieux roi accueille Télémaque. Il le conduit alors « dans sa belle demeure » où tous les honneurs dignes d’un prince lui sont prodigués. « La belle Polykastè, la plus jeune des filles de Nestôr Nèlèiade, baigna Tèlémakhos et, après l’avoir baigné et parfumé d’une huile grasse, elle le revêtit d’une tunique et d’un beau manteau ». Eh bien, le bassin où Télémaque se baignât se trouve toujours dans le palais du roi Nestor ! Tout du moins, une baignoire de cette époque et en très bon état est visible sur place.
La salle du trône, où l’on peut voir l’emplacement du trône du roi, est construite sur le modèle des palais mycéniens, le Mégaron: un grand foyer circulaire au centre de la pièce avec une ouverture sur le toit pour que la fumée puisse s’échapper, quatre piliers qui tiennent la charpente et des murs recouverts de fresques colorées. Pour accéder au roi, il fallait traverser une série de salles d’attente et d’antichambres où se tenaient les gardes. Derrière la salle du trône, se trouvaient les entrepôts de vin et l’huile. Des jarres incrustées au sol sont encore visibles. Des salles d’archives, le tribunal, un deuxième « mégaron » plus petit, la fameuse salle de bains de Télémaque et des ateliers complètent l’ensemble.
L’incendie qui éclata vers 1180 av. J.C., détruisit la totalité de l’étage et des piliers. Des murs, il ne reste que les soubassements. Mais cette catastrophe a eu une conséquence heureuse. Dans les entrepôts du palais, plusieurs centaines de tablettes en argile crue portant des informations de comptabilité pour la plupart, ont été cuites par le feu. Ces inscriptions, écrites en Linéaire B, système d’écriture utilisé dans le Péloponnèse mais aussi en Crète, ont été déchiffrées en 1953 par l’architecte anglais Michael Ventris. Ses travaux ont fourni de précieuses informations sur la Grèce de l’Age du Bronze. Ils ont également prouvé que la langue parlée par les Mycéniens, déjà au 14e siècle av. J.C., était du grec. Et que la ville s’appelait déjà Pylos !
Le site d’Ano Eglianos, un infini terrain de fouilles
Depuis la passerelle de visite au-dessus des vestiges ou depuis le jardin, on aperçoit la mer, la baie de Navarino et la lagune de Gialova. Ainsi que les montagnes et les collines avec des oliviers centenaires. Pendant l’antiquité, l’emplacement des cités et des sanctuaires était très important. Il devait à la fois charmer les habitants et les visiteurs, mais aussi assurer la surveillance de la plus large étendue possible.
Tous près du palais, on visite un Tholos. Construit vers 1500 av. J.C., il a servi au moins à 17 funérailles sur 2 ou 3 siècles. Aujourd’hui des fouilles sont toujours en cours sur le site d’Ano Eglianos.

